VA — Henri Duparc: L\’invitation au voyage (2020)

Artist: VA
Title: Henri Duparc: L\’invitation au voyage
Year Of Release: 2020
Label: Les Indispensables de Diapason / DIAP120
Genre: Classical
Quality: FLAC (tracks+.cue)
Total : 01:21:14
Total Size: 298 MB
Tracklist:
01. Phydil? (4:54)
02. S?r?nade (2:45)
03. S?r?nade florentine (2:23)
04. L\’invitation au voyage (4:24)
05. Romance de Mignon (4:14)
06. Le galop (3:07)
07. Testament (3:01)
08. Au pays o? se fait la guerre (4:23)
09. Lamento (3:31)
10. Extase (3:18)
11. ?l?gie (2:34)
12. Soupir (3:11)
13. Chanson triste (2:45)
14. La vie ant?rieure (4:27)
15. La vie ant?rieure (4:34)
16. La vague et la cloche (5:11)
17. Le manoir de Rosemonde (2:16)
18. Testament (2:44)
19. L\’invitation au voyage (4:08)
20. Au pays o? se fait la guerre (5:33)
21. Chanson triste (3:22)
22. Phydil? (4:40)
De Baudelaire ? Wagner, la ligne est directe sous la plume de l\’?crivain, saisi, dans Tannh?user et Lohengrin, par « la solennit? des grands bruits, des grands aspects de la Nature, et la solennit? des grandes passions de l\’homme. On se sent tout de suite enlev? et subjugu?. » Des Fleurs du mal ? Parsifal, une autre voie se dessine dans les m?lodies d\’Henri Duparc (1848-1933). Les extases de Tristan und Isolde, d?couvert ? Munich en 1869, lors d\’un voyage auquel participe ?galement Vincent d\’Indy, le marquent ? jamais. La guerre franco-prussienne, qui creuse des clivages profonds dans le paysage musical parisien, n\’y fera rien, le jeune Duparc franchira r?guli?rement le Rhin, sera du p?lerinage ? Bayreuth, r?vera d\’un op?ra fran?ais r?g?n?r?. Mais son projet sans cesse repouss? d\’une Roussalka ne verra pas le jour, et c\’est dans ses m?lodies que l\’empreinte wagn?rienne se trouvera g?nialement r?invent?e. Wagner et Leconte de Lisle, fresque lyrique et cam?e po?tique, un alliage invraisemblable ? Celui pourtant de Phidyl? (1882), sublime ?cho arcadien de Tristan, et l\’un des sommets des dix-sept m?lodies. Est-ce un faune, est-ce un berger qui calme ainsi son d?sir en d?taillant tranquillement les charmes de la nymphe assoupie sur l\’herbe molle sous le plein soleil de midi : « Mais quand l\’Astre, inclin? sur sa courbe ?clatante, / Verra ses ardeurs s\’apaiser, / Que ton plus beau sourire et ton meilleur baiser / Me r?compensent de l\’attente ! » En 1868, l\’attente amoureuse prenait une tournure plus sombre, fatigu?e mais obstin?e, dans Soupir. D?di? ? la m?re du compositeur, ce joyau devait lui prouver la constance de ses sennts pour Ellie McSwiney et l\’inciter ? d?fendre sa cause devant un p?re inflexible, qui avait impos? un d?lai probatoire de trois ans aux deux jeunes gens (« Ne jamais la voir ni l\’entendre / Ne jamais tout haut la nommer, / mais, fid?le, toujours l\’attendre, Toujours l\’aimer. / Ouvrir les bras et, las d\’attendre, / Sur le n?ant les refermer, / Mais encor, toujours les lui tendre, / Toujours l\’aimer. ») Les volupt?s plus graves de Tristan se refl?teront dans Extase (« Sur un lys p?le mon coeur dort / D\’un sommeil doux comme la mort. / Mort exquise, mort parfum?e / Du souffle de la bien-aim?e. »), son anxi?t? rumine dans une El?gie (1874) aux chromatismes ent?tants. Wagner encore, mais versant Walkyrie, dans le v?h?ment Testament, qui peut ?tre lu, en 1883, comme une offrande au ma?tre disparu. Wagner, bien s?r, dans La Vague et la cloche (1871), L\’invitation au voyage extraordinaire tableau o? les divagations angoiss?es du narrateur rayonnent dans un paysage fouett? par les ?l?ments, plus spectaculaire encore dans la version orchestr?e par le compositeur (« L\’Oc?an me crachait ses baves sur le front / Et le vent me gla?ait d\’horreur jusqu\’aux entrailles ; / Les lames s\’?croulaient ainsi que des murailles. ») La palette instrumentale de Duparc vibre divinement sous les ?panchements lascifs de Phidyl? — Debussy a-t-il trouv? l? un parent de son faune ? Il a vingt ans quand il apporte ? son ?diteur Chanson triste (1868), la premi?re des dix-sept m?lodies qu\’il nous l?gue, un chef-d\’oeuvre d?j? — au d?ploiement nettement plus lyrique que ce que pr?nent alors Faur?, Chabrier, Saint-Sa?ns et Gounod dans le genre. Apr?s quoi chaque m?lodie sera pour lui un labeur lent et obs?dant. La musique doit ouvrir grand les portes de l\’imaginaire sans jamais peser sur le texte, et sans amollir la d?coupe des vers et des strophes. L\’harmonie est une ressource essentielle dans cette ?conomie expressive — quel foisonnement de sens dans le cadre serr? qu\’il pose en 1870 sur L\’Invitation au voyage, o? « l\’oscillation de l\’accompagnement figure ? tous les niveaux le sujet immobile, malgr? les mouvements de ses r?ves » (R?my Stricker). Duparc revient ? Baudelaire en 1874 pour La Vie ant?rieure, qui l\’inspirera et le tourmentera jusqu\’en 1884. Dix ans ? tourner autour des « vastes portiques », des « soleils marins », des « volupt?s calmes », ? ajuster les balancements rythmiques, ? aider la prosodie ? prendre son envol, ? retailler pour ?purer. Son catalogue se referme l?. Nous ne saurons jamais quelles harmonies auraient berc? sur son clavier Recueillement — Baudelaire encore, « Sois sage, ? ma douleur. ». Il y renonce en 1886, min? par une maladie nerveuse. En 1922 il d?truit la Roussalka inachev?e, et dit le faire sans regret car port? vers d\’autres horizons par une « conversion morale » qui l\’a sauv?. Il meurt un demisi?cle apr?s La Vie ant?rieure et son « secret douloureux qui me faisait languir ». Une vie pour trois pi?ces d\’orchestre, une sonate pour violoncelle et piano (de jeunesse) et les m?lodies. Dix-sept en comptant le duo La Fuite, cette v?ritable sc?ne d\’op?ra, que nous avons ?cart?e de cette s?lection pour pouvoir pr?senter, outre les seize autres avec piano, les huit orchestr?es. (Ga?tan Naulleau)
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Henri Duparc — L\’invitation au voyage.rar — 298.8 MB


